Croissance et environnement

Un couple infernal !

11/10/2008

Tant au niveau d’une entreprise que d’un pays, réussir à conserver une croissance dynamique tout en respectant les préceptes du développement durable s’apparente bien souvent à un insoluble casse-tête. Car la préservation de l’environnement pour les générations, même déclinée au niveau de l’entreprise, engendre des investissements coûteux, une organisation rigoureuse nécessitant la mise en place de contrôles plus importants se traduisant par des coûts de production plus élevés, une exigence sur des approvisionnements labellisés et eux-mêmes plus onéreux. Et si la demande est sensible aux arguments écologiques ou équitables, elle n’est pas toujours prête pour autant à payer plus cher.

La concurrence semble alors faussée entre des offres à des prix différents, dont certaines jouent le jeu et d’autres non. Il va falloir du temps avant que les produits et les entreprises « propres » ne souffrent plus de la concurrence des autres, et retrouvent une rentabilité acceptable.

Il en est de même au niveau des pays, qui se sont engagés sur des objectifs de réduction de leurs émissions polluantes. Cela signifie un lourd programme d’investissements pour développer la production d’énergies renouvelables par exemple, pour mettre en place des contrôles, inciter entreprises et particuliers à privilégier les transports les moins polluants, à utiliser de nouveaux matériaux de construction plus isolants, etc.

Mais dans l’impitoyable course à la croissance que se livrent les pays, il est bien difficile d’avoir un pied enfoncé sur le frein et l’autre sur l’accélérateur. D’autant que les pays dont la croissance dépasse les deux chiffres et qui ont un important retard à rattraper consomment et polluent de plus en plus. Ils produisent à moindre coût, sans se plier aux exigences du développement durable, venant ainsi concurrencer des économies occidentales qui commencent à se préoccuper de l’environnement.

Cette concurrence est ressentie comme une injustice par ceux qui la subissent. Mais on ne doit pas perdre de vue que plus le niveau de vie de ces pays augmentera, plus leurs besoins basiques seront assurés, plus leurs habitants commenceront à leur tour à se soucier de préserver l’environnement.

La meilleure façon de s’assurer que ces pays entreront à leur tour dans la bataille pour l’environnement est de leur laisser les moyens de se développer et d’élever au plus vite le niveau de vie de leurs habitants. Il existe par exemple une très nette corrélation entre le niveau de développement et le coefficient d’intensité énergétique. Plus un pays est riche, plus il utilise des technologies économes en énergie. Plus un pays est pauvre, plus il se contente de technologies grandes consommatrices d’énergie.

Il faut prendre garde que le souci de l’environnement ne soit utilisé par certains comme un alibi pour élever de nouvelles barrières protectionnistes à l’encontre de ceux qui n’aspirent, pour le moment, qu’à connaître eux-aussi les avantages de la croissance. Or, c’est avec une croissance partagée et mondialisée que l’on aura la capacité de consacrer davantage de moyens à la protection de la planète.

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